Elle traine en longueur, depuis des mois, des années. Les démons invisibles reviennent par période, par intermittence, semblant détruire tout ce que l'on a réussi à construire. Depuis des années je me suis battu, pour chaque jour ne pas sombrer dans cette dépression, dans ce gouffre qui a réussi il y a un peu plus de six mois à m'enterrer dans le monde des vivants.
On se remet sans arrêt en question, en se disant que tout ce que l'on fait est voué à l'échec; aussi bien dans le domaine professionnel que sentimental. Les amis disparaissent, pour laisser place à un vide indimensionnel, incurable en apparence. Nous nous devons de prendre conscience de l'urgence de cet état, de cette mort interne pour courir vers une issue de secours.
Elles sont nombreuses, les manières de fuir chacune de nos névroses; médicaments, psychologue dans le parcours classique, écriture, amour, dans le parcours personnel. On se retient de respirer quand quelque chose nous dérange, pour tenter d'arrêter l'esprit qui dicte toutes les idées noires, on soupir à chaque effort, à chaque contrariété, comme si le souffle de la vie nous fuyait à chacune de nos respirations.
L'air semble inutile, le plaisir moindre, le ciel toujours gris. Les retrouvailles avec l'état d'esprit passé restent un fantasme que l'on ne pense plus jamais atteindre, puisque tous nos neurones restent grisés par la maladie qui fait rage.
J'ai pris en main ma vie, entre traitement et début de psychothérapie. Je tente chaque jour de donner de nouvelles ouvertures à mon existence, en amour, en cours, en amitié. J'ai appris à me confier, à essayer de vivre avec le passé des autres, avec mon propre passé.
Je ne sais pourquoi la vie d'avant chez eux me dérange tant, pourquoi les aventures passées me sont insupportables à regarder; peut être tout simplement parce que cela ma ramène aux erreurs que j'ai pu faire il y a des années quand ma jeunesse d'adolescent prenait le pas sur ma raison de jeune adulte.
Je vais fuir, loin de tout cela, en occultant à jamais tout ce voyage là, celui qui m'a amené à mes 20 ans, à ma nouvelle vie. " Tout commence maintenant ", alors allons y, et laissons aux autres la chance de se racheter à notre vision monogamique de la vie, à notre exigence trop poussée, à notre insatisfaction perpétuelle.
jeudi 2 décembre 2010
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