Dans la tête d'un dépressif.
Voila bientôt trois mois que j'entre dans ce jeu étrange que j'ai longtemps tenté de fuir; celui de la descente incessante de l'esprit vers des idées "rase sol"qui vous hantent jour et nuit. Il est bien difficile d'allier vie amoureuse et tourmente solitaire, il est difficile de mêler relations sociales et envie de solitude. Les seuls personnes que j'arrivent encore à voir sont peu nombreuses; il y a déjà "Lui", puisqu'après tout il fait battre mon coeur tellement fort qu'il est parfois proche de l'explosion et "Elle" que j'aurais aimé recroiser avant ce départ qui m'angoisse terriblement. Je sais que se cloitrer dans un endroit comme mon sous sol n'est pas bon pour la guérison, je sais que changer d'air peut parfois aider à passer un cap, une situation qui nous fait mal, mais les souvenirs que je fais vivre dans chacune de ces pièces maîtresses de ma vie m'aident à me rassurer. M'exiler au loin de mes proches, surtout loin de "Lui" et de cette autre femme qui m'a donné la vie est à présent une source de peur incommensurable. J'ai peur de ces crises que je sens arriver, peur de ces envies que je ne devrais pas avoir, peur de cette confrontation à l'inconnu que j'ai à présent du mal à supporter. Je n'ai plus qu'une envie à présent; me blottir dans les bras de l'un ou de l'autre, ces deux amours si différents. De l'un est né cette envie de fuir le premier, mais la vie fait que l'on ne peut renier ses racines. Ceux qui vous aiment depuis le début sont souvent ceux qui arrivent à mieux vous calmer, à mieux vous canaliser quand l'esprit divague à des idées qui ne sont pas bonnes à avoir. J'ai voulu me jeter par la fenêtre bon nombre de fois ces dernières semaines, un peu moins à présent quand je vois qu'enfin une certaine stabilité a pu s'établir dans ma vie sentimentale. Peu à peu il me sauve de moi même et me montre que même sans lui la vie pourrait être encore vivable lors de ces longues journées où je n'ai pas eu la moindre étreinte de sa part. L'amour m'a toujours fait douter de moi, de mes aspirations, de mes attentes et de mes capacités à donner aux autres. J'ai sans arrêt peur que ces vacances tuent notre complicité, tuent notre fusion, tuent notre couple tout court. Qu'il se rende compte que sans moi cette vie est moins compliquée, qu'il se rende compte qu'au final la routine lui manque plus que ma propre personne. Je l'avoue et le dit pour une fois; je l'aime, oui je l'aime ce bougre. J'aime pour la 3ème fois, mais d'une manière différente, j'aime à en perdre la tête, à m'en rendre malade, à m'en écraser le crâne sur un rebord en marbre. Même ces foutus anti dépresseurs n'arrivent pas à me faire oublier tout cet amour qui bout en moi, toute cette chaleur que je n'arrive pas toujours à exprimer, peut être que c'est ça ce qu'on voit dans les films, peut être que c'est ça que j'attendais depuis si longtemps, peut être que c'est lui qui aura su combler ce vide qui me bouffait depuis tant d'années.

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