dimanche 10 octobre 2010

- A l'Homme que nous serons -

Il est presque 2h du matin et je ne trouve pas le sommeil. J'attends encore un peu puis j'irai tenter de sombrer dans mes cauchemars nocturnes devant les pages best-of de "Vie de merde". Et oui, je dois ruser de beaucoup de façon ces temps ci pour pouvoir tomber dans les bras de Morphée ! 
Je crois que cette passion pour VDM est née le jour où je me suis rendu compte que rire de la tristesse des autres pouvait être une bonne thérapie contre son propre mal. Je n'aime pas vraiment me satisfaire des larmes que peuvent pleurer les gens; il n'est d'ailleurs pas souvent rare que ces dernières m'en fasse couler quelques une, mais quand il s'agit d'un écran qui vous raconte tout ceci, ça semble moins grave. 
Bref, je m'égare.
Je crois que cet article ne ressemble en rien aux précédents, du moins pour le moment. J'avais toujours avant pour habitude de déguiser tout ce que je pouvais ressentir, avec des métaphores, dans des textes un peu tarabiscotés à la limite de l'incompréhensible. Je pense surtout qu'à cette époque j'avais beaucoup de mal à expliquer le grand nombre de choses qui pouvait me hanter. 

Je ne sais pas si à présent j'en connais mieux les origines mais en tout cas j'arrive un peu plus à comprendre ce qui me met chaque jour dans tous ces états. La solitude est quelque chose qui m'a toujours fait très peur, l'abandon aussi par la même occasion.
Cela fait maintenant plus de cinq ans que j'habite en région parisienne, et c'est encore les mêmes craintes qui restent du passé ; qu'on se moque de moi, qu'on s'amuse avec moi. Ma confiance en les gens a été ébranlé le jour où j'ai compris que jouer dans la cours des grands était plus compliqué que ce que l'on peut imaginer. Je me souviens de ces matins où à peine arrivé au collège j'entendais déjà les moqueries; les railleries sur ma personne. Je me rappelle de ces midis où je restais seul, car les gens s'amusait à me laisser sur le côté dans ce genre de cas; j'étais devenu la personne à fuir.
Je garde peu de souvenirs de ces années là, juste un fardeau étrange qui reste sur mes épaules.

L'idée d'avenir a toujours été un peu confus pour moi; qui reste si septique quand aux grandes lignes du destin que toute bonne mère vous énonce pour vous rassurer. Et si je ne trouvais pas de travail? Et si je ne trouvais personne pour partager ma vie? Et si au final je mourrai d'une maladie grave d'ici 4 ans? voila le genre de chose auquel je pense sans cesse alors que normalement à 20 ans, on se soucie peu des barrières qui peuvent tomber sur notre chemin.

Peut être que j'ai grandi trop vite, peut être que certains éléments m'ont traumatisé dans mon enfance, je n'en sais rien. Je sais que j'ai toujours abordé la sexualité d'une manière étrange, comme dangereuse au début, comme conflictuelle avant de comprendre qu'en fait, tout devait rimer avec tendresse. Je me souviens de cette première pipe, que j'avais tant attendue, et que j'ai gâché pour un porc qui a profité de moi sous l'effet de l'alcool. Je me souviens de mes crampes au bras et à la mâchoire quand je tentais de satisfaire ce premier copain qui ne pensait qu'à lui, c'est si triste.

Peut être ai je touché de trop près aux interdits quand j'étais jeune? Films pornos, films érotiques, plaisirs solitaires. A l'âge de 10 ans j'avais déjà une idée bien faite de comment pouvait se passer un rapport sexuel entre hommes; idée totalement faussée biensur.

J'ai vécu certains abandons ; celui de mes amis, celui de mon père qui pendant une période m'a laissé dans un vide émotionnel parfait (je n'étais plus que l'étudiant et non plus le fils au moral instable qui aurait du bénéficier de plus d'attentions). Depuis nous avons renoué quelque peu une relation qui semble plus bonifique, mais une partie du mal a déjà été faite.

Je pense parfois aux dangers que peut engendrer la relation que je vis en ce moment avec R. Je réfléchi à comment je pourrai réagir si celui ci venait à me quitter, je réfléchi à comment j'envisage ma vie dans le futur et si lui l'envisage de la même manière? Peut être pas, mais après tout nous avons encore le temps d'y réfléchir.

J'ai un problème avec les gays, comme beaucoup le savent. Je déteste les homosexuels en en étant un moi même. Je ne veux pas construire ma vie dans cette communauté, je veux rester seul dans mon genre avec celui que j'aime, je ne veux pas avoir à me méfier de tout ceux qui m'entourent; car soyons lucides, les gays sont pour 90% des cas hypocrites et manipulateurs alors je veux éviter de provoquer ces démons là.

Je me trouve parfois si ridicule de faire cette remarque là. Je me trouve parfois si chiant et emmerdeur que je me demande comment R. a pu tomber amoureux de moi et combien de temps il tiendra encore à supporter toute mon mal-amour pour le monde qui m'entoure; j'ai peur. Peur chaque jour qu'il se rende compte que je ne suis pas si beau, pas si gentil, pas si attentionné qu'il le pense. Peur qu'il étouffe dans mes griffes jalouses, qu'il fuit la protection que je veux mettre entre nous et les autres.

Alors je vais me taire...



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